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Accompagner sans se vider

Quand l’amour circule, l’énergie ne s’épuise pas

Accompagner n’est pas se sacrifier

Accompagner, ce n’est pas donner sa propre énergie.
C’est laisser circuler un amour qui vient du cœur, une présence stable, contenante, ajustée.

On se vide lorsque l’on se confond avec l’autre.
Lorsque l’on prend sur soi ce qui ne nous appartient pas.
Lorsque l’on oublie que chacun reste responsable de son propre cheminement.

Prendre soin de soi : une responsabilité professionnelle

L’équilibre des différents corps

Un accompagnant accompagne avec tout son être : le corps physique, le corps émotionnel, le corps mental, le corps énergétique et le corps spirituel…

Quand cette globalité est respectée, l’accompagnement devient un espace de partage.
Quand elle est négligée, l’énergie s’échappe.
Et non, ce n’est pas de l’altruisme. C’est un déséquilibre.

Ce qui appartient à l’autre ne nous appartient pas

La juste place de l’accompagnant

Parfois, certaines expériences ne nous appartiennent pas vraiment.
Elles restent le cheminement propre de la personne accompagnée.

Il arrive par exemple qu’une personne très anxieuse entre dans l’eau et ressente un relâchement émotionnel et corporel presque immédiat. La sensation de froid se dilue rapidement — dans l’eau, on se refroidit d’ailleurs bien plus vite qu’à l’air libre, même quand tout semble aller « mieux ».

Lorsque je propose de sortir de l’eau ou de revenir à un autre moment, certaines personnes choisissent malgré tout de rester jusqu’au bout de la séance.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit souvent une volonté de bien faire, une pression intérieure à « aller jusqu’au bout », ou un fonctionnement orienté vers la performance, malgré les signaux corporels.

Cela me donne une lecture.
Non pas un jugement, mais une compréhension : là où il serait peut-être juste d’inviter plus de douceur, plus de souplesse, plus d’écoute.

Accueillir sans porter

La responsabilité s’arrête à un certain point

Il arrive ensuite que certaines personnes expriment de l’inconfort, de la frustration ou du mécontentement. Cela fait partie de leur expérience personnelle.

Je ne suis pas responsable de leur fonctionnement intérieur.
Mon rôle est d’offrir un cadre sécurisant, structuré, contenant.
D’apporter des réflexions, des questionnements, des éclairages, parfois des miroirs.

Après cela, le choix reste le leur.
Le chemin aussi.

La métaphore du bateau

Conduire sans se laisser emporter

Un moteur a besoin d’une batterie.
Un voilier a besoin de vent.

Le navigateur est là pour tenir la barre, pas pour ramer à la place du bateau.
S’il confond les rôles, il s’épuise.
S’il sait s’arrêter au port, recharger, ajuster, il peut repartir.

Une batterie bien entretenue ne se vide pas sans raison.
Comme quoi, l’entretien compte autant que la traversée.

Sortir de la logique de la performance

Même dans l’accompagnement

Nous vivons dans une société où il faudrait tout faire vite, bien, jusqu’au bout.
Même se détendre devient parfois une performance.

Mais le vivant ne fonctionne pas ainsi. L’intégration demande du temps. Le corps a besoin de pauses.
La conscience avance par couches successives.

Parfois, ce n’est pas le moment.
Et respecter cela, c’est déjà accompagner.

Ralentir pour accompagner juste

Le temps long comme allié

Ralentir, ce n’est pas renoncer. C’est s’ajuster.

S’offrir des temps de repos, de ressourcement, de lien, pour soi comme pour les personnes accompagnées. C’est ainsi que l’amour circule sans épuiser. C’est ainsi que l’accompagnement reste juste, clair et profondément humain.

Conclusion : une traversée, pas une prise en charge

Rien n’est réellement urgent. La vie n’est pas une performance.
C’est une traversée.

Et chacun reste responsable de sa propre embarcation.